Esther Garneau : artiste et femme d’affaires

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« Vivre de peinture  et d’eau fraîche »

Adolescente, Esther Garneau était très imaginative et manuelle. Sous différentes formes, la création a toujours occupé une place significative dans sa vie. En 2010, cet aspect a gagné en importance lorsqu’elle a peint une œuvre abstraite sur toile pour la première fois. Depuis, son intérêt pour cette forme d’art a pris tellement d’ampleur qu’elle a décidé de faire carrière dans le domaine. En toute humilité, l’artiste peintre et galeriste nous raconte son histoire empreinte de passion et de dévouement.

Par Amélie Légaré

Une expérience révélatrice
Esther Garneau a toujours créé instinctivement sans trop se poser de questions. « Je faisais tout ce qui me tentait sans barème. Je créais avec tout ce qui me tombait sous la main. » Sans le savoir, elle a expérimenté l’art abstrait pour la première fois lorsqu’elle était jeune. « J’étais dans mon sous-sol, il y avait des morceaux de bois. Je me rappelle que j’avais pris de la peinture et j’avais fait une œuvre abstraite. C’était la première fois et je ne savais même pas que j’avais le droit de faire ça. » Avant de replonger dans l’univers de la peinture, Esther Garneau était une préposée aux bénéficiaires avec quatre enfants en bas âge. Elle jonglait avec une réalité qui ne lui permettait pas de laisser beaucoup de place à l’art. « J’étais dans les couches et la popote, commencer à peindre n’était pas ma priorité. » À l’époque, sa créativité se traduisait surtout par l’autoconstruction de maisons avec son conjoint.

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Un jour, elle s’est blessée au travail et le problème a perduré pendant deux ans. Voyant que la situation ne s’améliorait pas, elle décida de quitter son emploi et d’acheter une résidence plus petite avec son conjoint. « Dans la nouvelle maison, j’ai décidé de refaire la décoration et j’ai commencé à faire des toiles. Au lieu de faire une toile ici et là par plaisir, bien je me suis mise à peindre 24 heures sur 24, sept jours sur sept », confie l’artiste. Les idées se multipliaient jour et nuit. Pour la première fois depuis des années, ce n’était pas la douleur qui gardait Esther éveillée, mais son imagination sans limites. « Dans ce temps-là, je peignais sur ma table de cuisine. Je prenais mes gallons de peinture et parfois, je fermais les yeux et je prenais une couleur. » Spontanément, elle utilisait tout ce qui l’inspirait, du bol à salade au rouleau à pâte.

Changement de carrière
Cette « maman qui n’arrête pas de peindre comme une vraie folle » en était même arrivée au point où elle manquait d’espace pour entreposer ses toiles. Elle a donc décidé de faire le tour des restaurants et des salons de coiffure pour commencer à exposer, et c’est ainsi qu’elle a trouvé preneur pour ses premières créations. « J’en vendais pour dire que je remboursais à peine le matériel. » En 2013, elle a approché l’Auberge Baker, où elle s’est mariée, pour faire une exposition plus officielle. Au moment où elle entrait ses toiles, la présidente d’Arts et reflets, un symposium de Château-Richer, venait chercher un chèque-cadeau et lui a demandé qui elle était. « Moi dans ma tête, je n’étais pas une artiste parce que je n’aimais pas dessiner. » La présidente a pensé le contraire et a insisté pour qu’elle expose au symposium. C’est justement pendant cet événement qu’elle a réalisé qu’elle était peut-être destinée à une carrière artistique, après tout.

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Entrepreneure dans l’âme
« Je suis allée faire une petite tournée des galeries de Québec. J’ai été chanceuse, il y a une galerie d’art qui m’a prise. En échange, ils me payaient, mais je faisais du temps de garde », raconte Esther Garneau. Par la suite, elle s’est mise à exposer dans d’autres galeries et à faire plus d’événements. « L’année passée, c’était complètement fou. Je vendais tellement et je faisais tellement d’événements qu’à un moment donné, mon chum est parti avec les enfants au chalet. Pendant une semaine, je ne faisais que peindre. » Au même moment, elle a eu l’opportunité d’ouvrir la Galerie Zen, en collaboration avec un autre artiste peintre. Aujourd’hui, Esther gère l’endroit par elle-même et y présente ses œuvres, mais surtout celles d’autres artistes d’ici et d’ailleurs. Conséquemment, elle produit et vend un peu moins de créations, mais les prix de ses toiles ont augmenté, au même titre que sa notoriété. Même si elle a vendu une soixantaine d’œuvres au cours de la dernière année, l’artiste admet avoir eu des hauts et des bas. Elle pensait même devoir fermer la galerie l’été dernier, mais de voir l’endroit et toute l’énergie investie dans le projet lui brisait le cœur. « Du jour au lendemain, je me suis mise à vendre des toiles tous les jours. Quand il y a un bas, tu fais plus depublicité, tu te revires de bord, tu vas solliciter les gens et c’est ce que j’ai fait. »

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Créer pour mieux redonner
Depuis l’ouverture de la galerie, l’entrepreneure souhaite impliquer des personnalités connues dans son projet. « Cette année, j’ai décidé de choisir un artiste que j’aime et de lui donner une toile en échange de le rencontrer et de billets de spectacle. » Elle a approché Marc Dupré en premier et depuis janvier, elle a rencontré plusieurs artistes de la scène qu’elle apprécie. Récemment, l’idée s’est même étendue à des
causes qui lui tiennent à cœur. « J’ai été dans le milieu défavorisé quand j’étais jeune. […] Je m’en suis toujours sortie toute seule, je suis fonceuse et je n’ai jamais eu besoin d’avoir recours à ces organismes-là, mais j’ai été chanceuse. » Même si elle travaille avec ambition, Esther Garneau attribue également sa réussite à son conjoint, avec qui elle partage sa vie depuis l’âge de 16 ans. Ce dernier l’a toujours encouragée à poursuivre ses rêves, sans lui demander de rendre des comptes. Elle s’est également liée d’amitié avec le photographe Roland de Québec, qui l’accompagne lorsqu’elle rencontre des vedettes. En retour, il l’amène également à de nombreux événements. « Il me présente maintenant comme étant une grande vedette », dit-elle en riant. En plus d’être une femme et une mère, Esther Garneau est définitivement une artiste et une femme d’affaires qui gagne à être connue.

Pour rencontrer Esther Garneau ou admirer quelques-unes de ses créations, rendez-vous à la Galerie Zen de Lac-Beauport !

galeriezen.com

 

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